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L’ART DE LA HAWSSA POPULAIRE EN IRAK ÉTUDE ET TEXTES
L’ART DE LA HAWSSA POPULAIRE EN IRAK ÉTUDE ET TEXTES
Issue 48

 

Mohammed el Khaldi. Irak.

L’étude insiste sur les points suivants :

1 – L’art de la hawssa est de nature tribale. Il est né dans les zones rurales de l’Euphrate, et plus particulièrement dans les villes de Diwania et d’El Semawa  ainsi que dans les régions environnantes. Il est passé ensuite dans certaines villes du sud de l’Irak, telles qu’El Nassirya, Al Amara, Bassora et El Kout.

2 – L’étude montre que la hawssa a été inventée vers le milieu du XIXe siècle.

3 – Elle souligne le fait que cet art a été au départ structuré, sur le plan de la prosodie, sur une seule strophe appelée hawssa, avant de passer à un système ressemblant à la structure appelée al aboudhya, soit un poème de quatre strophes dont trois ont la même rime, le même thème narratif et la même continuité discursive fondée sur le retour du même mot avec à chaque fois un sens différent. Quant à la quatrième strophe elle se clôt sur la hawssa elle-même et peut en fait ouvrir sur une autre structure de quatre strophes.

4 – L’étude montre également qu’il n’existe pas de rapport entre l’art de la hawssa et celui de la ahzujâ (petite pièce lyrique chantée), et qu’il s’agit de deux formes de prosodie différentes l’une de l’autre, et fondées deux types de versification et de performance.

5 – L’étude précise, en outre, que l’appellation muhawssaji qui était répandue au cours de la précédent période a été remplacée par celle d’al mahwal  qui est, selon l’auteur, plus acceptable pour les spécialistes de cet art populaire.

6 – L’auteur a pu vérifier que l’appellation hawssa n’a pas de rapport avec al hawass (démence), et que le mot lui-même est attesté dans l’ancien dialectal égyptien dans le sens de la forte sonorité du chant, ce qui est tout à fait le cas dans la version irakienne de la hawssa, laquelle se fonde elle aussi sur la puissance de la voix et sur un enthousiasme débordant.

7 – L’étude souligne que ce type de poésie populaire est peu pratiqué dans les régions orientales ou septentrionales de l’Irak, et en particulier dans la ville de Mossoul et ses environs.

8 – Elle précise que le rite tribal où la danse accompagnait la performance poétique et chantée de la hawssa a perdu certaines de ses caractéristiques populaires, avec notamment la disparition de certaines pratiques liées à l’aradha qui s’accompagnait de tirs à la carabine et de déploiement de bannières.

9 – L’étude montre enfin que certains des chanteurs et choristes irakiens, en particulier les plus jeunes, ont sorti la hawssa de son ‘’habit’’ choriste bien connu pour en faire des chansons avec accompagnement musical, et cela à partir de 2015, avec les chansons patriotiques et tribales qui ont été créées.