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LA MÉDECINE POPULAIRE ARABE TECHNIQUES DE MÉDICATION PAR LES HERBES ET AUTRES TRAITEMENTS MÉDICAUX
LA MÉDECINE POPULAIRE ARABE TECHNIQUES DE MÉDICATION PAR LES HERBES ET AUTRES TRAITEMENTS MÉDICAUX
Issue 49

Atef Attia

Écrivain libanais

Cette étude porte sur la question de la médication par les herbes dans la médecine populaire arabe, à travers la revue, l’analyse et la classification des outils utilisés dans ce type de traitement. L’auteur se penche sur la préparation des herbes et leur affectation à telle ou telle maladie, sur la base de croyances généralement enracinées dans les mentalités et dont la présence est tellement forte dans l’esprit des gens que ceux-ci réservent à chaque maladie un traitement particulier. Les gens recourent habituellement à des préparations que l’on conserve à la maison en vue de les utiliser au moment voulu pour soigner telle affection soudaine qui a frappé l’un des membres de la famille. Si le corps a retrouvé son état ante on en attribuera le mérite à cette médication, si ce n’est pas le cas on s’adressa à un tiers qui sera chargé de soigner le patient en luttant contre la maladie. On s’adresse alors soit au médecin populaire du quartier ou du village dont on suivra les prescriptions, soit au médecin « moderne » qui établira un diagnostic sur la base duquel il ordonnera tel ou tel traitement, à moins qu’il ne décide d’hospitaliser le patient. 

Mais il importe de s’arrêter sur les techniques de guérison qui sortent de ce dernier contexte, nous parlons de celles auxquelles recourt le guérisseur, c’est-à-dire le médecin populaire fort d’une longue expérience et techniquement compétent. Celui-ci agit, par exemple, en purgeant le malade du « mauvais sang » à travers la technique de la saignée qui consiste à pratiquer des incisions à des endroits précis du corps. Mais il peut également réparer les fractures, remettre en place les os déboités, cautériser les plaies ou user d’autres techniques pour soigner des maladies comme la jaunisse ou l’inflammation des amygdales, comme il peut implanter des piqûres dans le corps du malade. 

L’ensemble des produits d’origine végétale et animale étaient utilisés dans ce type de médecine selon divers protocoles qui dépendent de la nature de la maladie et de l’emplacement du mal, qu’il concerne un organe interne ou externe. Certains de ces produits sont à boire, d’autres sont moulus et pétris puis collés en emplâtres sur la peau, d’autres encore sont associés à d’autres matières dont l’efficacité a été reconnue à travers des techniques d’expérimentation fondées sur la répétition de tests binaires : efficace/inefficace. Beaucoup de ces matières étaient utilisées comme des médicaments que le patient doit mastiquer et avaler comme on fait des aliments. D’autres matières sont, en revanche, destinées à être inhalées après avoir été pulvérisées et tamisées.