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LES MAQAMET SOUFIES DANS LA POESIE POPULAIRE DE TLEMCEN L’EXEMPLE DE BEN MISSIAB, BEN TERIKI ET EL MINDASSI
LES MAQAMET SOUFIES DANS LA POESIE POPULAIRE DE TLEMCEN L’EXEMPLE DE BEN MISSIAB, BEN TERIKI ET EL MINDASSI
Issue 49

Fathia Bel Hadji

Centre universitaire. Maghnia. Tlemcen

La poésie populaire soufie représente l’une des formes les plus hautes de  la création littéraire. Elle puise dans la source inépuisable de la religion islamique en associant les beautés de l’âme, de l’esprit et du style à la symbolique de la composition rigoureuse et aux belles inspirations poétiques. Cette poésie émane en effet du plus profond de la sensibilité d’êtres puisant leur inspiration dans une spiritualité exaltée. Elle traduit et donne forme à des sentiments d’une profonde sincérité qu’attise l’élan qui les porte vers les sources de la Lumière divine à la recherche du Beau, à travers un périple qui les conduit sur la voie de la Vérité et du Détachement des plaisirs de ce bas monde jusqu’aux Sphères célestes. Les maqamet (pluriel de maqama : séance spirituelle ou strophe lyrique) sont en elles-mêmes aspiration à se rapprocher de Dieu, joie d’aimer le Très-Haut, anéantissement en Lui, résurrection et élévation en vue d’aller au plus près de la Sphère divine.  

L’amour de Dieu est le premier thème de la poésie soufie, il dépasse la simple approche poétique pour devenir mode de vie et religion sur laquelle fonder l’être au monde. Vient en second lieu l’aveu ininterrompu de l’amour du Prophète – la Paix et la Prière divine sur Lui –, en  tant qu’il est la Lumière qui coule dans l’âme du soufi. Parler des karamet (prodiges) des awliae (pluriel de wali : ici, ami de Dieu), des Cheikhs (maîtres) de la science et du soufisme, faire de l’oraison un moyen d’éducation du mourîd (celui qui aspire à Dieu) permet au soufi de se connaître et de comprendre les fins dernières de son existence. Il œuvre dès lors à renoncer à certains comportements qui entravent sa marche vers ce but et à se libérer de ses chaînes. Par la prière il s’engage au regard de l’Être suprême à des actions et comportements propres à l’éloigner de l’impiété et à lui ouvrir de nouveau le chemin de Dieu. 

Tels sont les points de départ de cette étude qui vise à marquer la place des maqamet dans la poésie des poètes populaires soufis les plus connus à Tlemcen, tels que Mohammed ben Messiab ou ben Teriki ou encore Saïd ben Abdallah El Mindassi…