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DOCUMENTER LA MÉDECINE POPULAIRE ARABE NÉCESSITE, RÉALITE, MÉTHODOLOGIE
DOCUMENTER LA MÉDECINE POPULAIRE ARABE NÉCESSITE, RÉALITE, MÉTHODOLOGIE
Issue 49

Dr Mohammed El Attar

Médecin, Docteur en médecine arabe. Bahreïn

Les différentes méthodes de médication bénéficient aujourd’hui d’un intérêt accru, aussi bien aux yeux des autorités officielles que du grand public. Beaucoup d’entre elles sont enseignées à travers le monde dans les universités les plus réputées, qui forment des étudiants destinés, précisément, à pratiquer ce type de médecine qui constitue désormais un savoir reconnu en tant quel. Il n’y a à cet égard pour faire exception que la médecine arabe, seule pratique à ne pas être reconnue chez elle, parmi les siens. Il n’est pas inutile de citer ici,  cet avertissement qui nous a été lancé un jour par Mustapha al Jad : « Y aurait-il un complot contre l’œuvre de documentation de notre patrimoine populaire arabe ? Je ne vois pas en effet une seule justification à cette absence dont nous pâtissons, à ce jour, d’un archivage unifié de notre patrimoine culturel arabe, dans le temps où le mouvement de documentation des patrimoines ne cesse de progresser à grands pas dans toutes les régions du monde… À peine, dans notre région, la société a-t-elle accompli un pas en avant que les obstacles se dressent pour entraver le mouvement. »

Pour savoir où nous en sommes aujourd’hui de la documentation de notre patrimoine médical, il suffit de connaître les nombreuses sociétés internationales qui œuvrent à son service, telles La Société internationale d’ethno pharmacologie dont le siège est à la Faculté de pharmacie de Graz, en Autriche ; ou La Société italo-latino américaine d’ethno médecine qui a son siège au Département des sciences pharmacologiques de l’Université de Salerne, en Italie ; ou encore La Société internationale d’ethnobiologie qui travaille dans plus de 70 pays. À ces institutions s’ajoutent un grand nombre de sociétés et de centres de recherches qui publient des dizaines de revues reconnues mondialement dans le domaine de la documentation de la médecine populaire, sans parler des dizaines d’autres structures qui travaillent sur la médecine hospitalière populaire. 

Cela dit, je ne crois pas, affirme l’auteur, qu’il y ait, à ce niveau, de grandes difficultés à affronter, car les frontières politiques ne sont plus un obstacle devant la science arabe, ne serait-ce que parce que la révolution numérique a supprimé les frontières entre nos différents pays, ce qui a permis de jeter des ponts entre nos Etats, éliminant du coup les murs dressés par les politiques. 

Il suffit donc que les chercheurs arabes s’accordent sur un projet minimal. À cet effet, l’auteur avance les propositions pratiques suivantes : 

  1. – adoption par les Centres de recherches concernés par ce domaine à travers le monde arabe d’un projet de documentation du patrimoine médical qui ne soit pas centralisé, en laissant toute liberté à chaque Centre d’accéder aux bases de données communes ;
  2. – renforcer la participation du grand public à la recherche scientifique, sur la base des approches déjà expérimentées sous la dénomination de « Science citoyenne » (Citizen science) qui a donné aux chercheurs amateurs la possibilité de se charger des phases les plus coûteuses de la recherche, à savoir la collecte des données et leur transfert à la base commune de données qui a été proposée en 1) ; ces données pourraient également être par tout autre méthode laissées en libre accès ;
  3. – consacrer à la médecine arabe et à l’ensemble de ses domaines de spécialité une partie du soutien réservé à la recherche scientifique ; donner en même temps une place à la publication des études consacrées à la médecine des Arabes dans les revues médicales, pharmaceutiques et dans celles des Sciences de la vie et de l’agriculture ; à cela viendront s’ajouter les magazines traitant des différentes problématiques humaines, notamment la culture. 

Peut-on dès lors espérer en une renaissance arabe de nature à promouvoir les trésors de notre civilisation arabe qui fut si glorieuse ? Tel est, en tout cas, notre vœu le plus cher.